Biographie
Née au milieu des livres et des bateaux à la pointe de Bretagne en 1959, devenue journaliste pour assouvir sa curiosité, écrit des livres pour découvrir et partager les bonnes choses, les belles régions et les belles
maisons. Déjà ambassadrice de la confrérie des toqués de la pomme de terre, elle est très fière de pouvoir afficher désormais sa double appartenance aux aficionados des ressources finistériennes, les patates et le pâté?
Mais pas n’importe lequel, le seul, le vrai pâté Hénaff !
*(une vingtaine de titres parus dont : les îles de la Bretagne,
Gourmandises de France au goût d’enfance, Les recettes secrètes des
amoureux de la patate, Panier gourmand d’adresses et de produits bretons,
les collections « l’âme des maisons des régions de France » « 500 coups de cœur en… » « Cuisine des tables d’hôtes » ).
Témoignage
Le Pâté Hénaff fait partie de mon quotidien, il m’a même accompagné lors de voyages comme en témoigne le petit récit qui suit :
Il était une fois trois jeunes occidentaux, pétris de bons sentiments, s’en allant jusqu’en Pologne accompagner un camion de trente-huit tonnes chargé de produits de première nécessité, à une époque où le mur de Berlin séparait encore le monde.
Après avoir accompli leur mission et abandonné un certain nombre d’illusions, ils en profitèrent pour aller découvrir ces terres inconnues. En s’aventurant dans les petites villes, ils arrivaient à se nourrir dans de petites auberges où on leur présentait une carte uniquement écrite en polonais. Par esprit de découverte, ils prenaient systématiquement un plat différent pour voir à quoi ressemblait la cuisine locale. Mais invariablement, ils voyaient arriver dans leurs assiettes les mêmes boulettes de viandes au goût improbable.
Au bout de quelques jours, le plus jeune de la bande commençait à ne plus supporter ce régime. Alors il entreprit de fouiller dans les quelques paquets qu’il leur restait à distribuer sur la route du retour. Et miracle ! Il y trouva une boîte de Pâté Hénaff, l’indispensable petite boîte bleue et jaune que l’on trouve dans toutes les cambuses des bateaux bretons, et par extension, dans tous les placards des natifs de Bretagne.
Les deux Bretons de la bande s’enthousiasmèrent tout de suite tandis que le troisième, très respectueux de sa mission, ne voulait pas qu’on touche à cette petite boîte de conserve.
Ses rappels à l’ordre n’eurent guère d’effet sur ses compagnons qui s’attaquèrent à la petite languette afin de déchapeauter l’ensemble, et tels des sauvages s’attaquèrent au joli petit pâté rose auréolé de gelée dorée. Malgré ses grands principes, le troisième voulu y goûter, et repartit fouiller le coffre pour y trouver les sœurs jumelles de la première boîte entamée. Et c’et ainsi qu’ils firent un festin grâce au fameux petit pâté.
Enfin rassasiés, ils s’aperçurent alors qu’ils étaient surveillés par plusieurs miradors. La frontière russe n’était plus qu’à une centaine de mètres ! Déguster du pâté fabriqué le plus à l’Ouest de l’Europe au point le plus Est de celle-ci ne manquait pas de piquant et comme on dit chez nous, « ils ont eu du goût »!
Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, ils finirent de distribuer leur cargaison humanitaire, non sans avoir mis de côté les fameuses boîtes de pâté breton pour assurer leurs subsistances jusqu’à leur retour à l’Ouest !



